Appel à contribution : Titre du numéro thématique : Esquisses de récits de mouvement en éducation à la petite enfance

2022-03-14

Éditrices invitées : Dre Emily Ashton (University of Regina), Dre Iris Berger (University of British Columbia), Esther Maeers (University of Regina), Alexandra Paquette (Université du Québec à Montréal)

Dans ce numéro thématique de la revue in education, nous vous invitons à soumettre des articles traitant des récits de mouvement dans le domaine de l'éducation à la petite enfance (EPE). En réponse à la promesse du gouvernement fédéral envers la création d’un système national d'EPE, et ce en dépit d'une relation intermittente du Canada envers le domaine de l'EPE (traduction libre, Bezanson, 2018, p. 191), des changements dans le domaine de l'EPE prennent forme à différents niveaux et par des relations de partenariat. Dans ce numéro, nous aspirons réfléchir aux histoires de changements en cours - de changements en mouvement; ces changements qui peuvent être décrits comme des « flux, rythmes et intensités » (Pacini-Ketchabaw, 2010). Le changement peut être persistant, relationnel et démontrant un espoir inébranlable, tout en étant simultanément intermittent, erratique voire même contradictoire. Nous encourageons également la rédaction autour des récits de mouvement des acteurs qui sont souvent moins interpellés et dont le point de vue entraine réflexion sur la façon dont nous pourrions vivre (Taylor, 2020).

Afin d’ouvrir de multiples pistes de recherche et soulever des questions critiques sur les différents récits qui ont et continuent de générer des changements dans les services d’EPE, nous vous invitons à soumettre une proposition s’articulant autour de :

  • Des récits d'éducateurs, d'enfants, de chercheurs, de défenseurs;
  • Des récits de militants, d'artistes et de décideurs;
  • Des réflexions de communautés Autochtones et non Autochtones;
  • Des récits de changements lents mais substantiels qui se sont produits - allant au-delà des rapports officiels - afin de mieux comprendre comment les approches historiquement éclectiques et coloniales de l'EPE sont vécues et comment elles sont enchevêtrées avec les conditions actuelles de et pour le changement;
  • Des récits de résistance et de refus en matière d'EPE;
  • Les récits enchevêtrés et contextalisés de pratiques et de politiques innovantes en matière d'EPE;
  • Les implications pédagogiques des récits actuels et futurs sur les services d’EPE;
  • Des réflexions sur les futurs possibles en matière d'EPE;
  • Expérimentation des temporalités et des échelles de changement.

Cadre conceptuel de ce numéro

Inspiré par les travaux provocateurs d’Eve Tuck (2018), une érudite Unangax̂, au regard des théories du changement, qui passe de récits de dommages à des récits de désir fondés sur la préoccupation « Comment devrions-nous vivre? »  (traduction libre, p. 157),[1]  nous invitons également les questionnements spéculatifs qui reconfigurent les orientations futures et les désirs de changement. Celles-ci peuvent impliquer un « engagement à chercher quels autres mondes pourraient être en cours de réalisation […] tout en restant avec le dilemme de nos propres complicités et implications » (traduction libre, Puig de la Bellacasa, 2017, p. 204). Imaginer le changement spéculatif pourrait « élargir nos propres visions de ce qui est possible » (traduction libre, Benjamin, 2016, p. 2), et marque un engagement envers l'incertitude et l'imprévisibilité des récits de mouvements visant à créer le monde dans lequel nous aimerions mieux être.

Les soumissions peuvent se présenter sous différents formats, notamment des manuscrits académiques, des récits de la pratique, des enquêtes poétiques, des formats visuels (photographie, vidéo, œuvres artistiques, peintures), des essais, de même que des critiques de livres. Les soumissions peuvent être rédigé en français, en anglais et dans les langues Autochtones.

Veuillez indiquer dans le formulaire de soumission votre participation au numéro spécial intitulé "Esquisses de récits de mouvement en éducation à la petite enfance".

Les soumissions doivent être envoyées avant le 30 août 2022.

[1] Tuck a abondamment, écrit et parlé des théories du changement, notamment: Tuck, 2009, 2018; Tuck & McKenzie, 2015; Tuck & Ree, 2013; Tuck & Yang, 2014.

References

Benjamin, R. (2016). Racial fictions, biological facts: Expanding the sociological imagination through speculative methods. Catalyst: Feminism, Theory, Technoscience, 2(2), 1-28. https://doi.org/10.28968/cftt.v2i2.28798 

Bezanson, K. (2018). Feminism, Federalism and Families: Canada’s Mixed Social Policy Architecture. Journal of Law & Equality, 14(1), 169-197. https://jps.library.utoronto.ca/index.php/utjle/article/view/30894 

Pacini-Ketchabaw, V. (2010). Flows, rhythms, and intensities of early childhood education curriculum. Peter Lang.

Puig de la Bellacasa, M. (2017). Matters of care: Speculative ethics in more than human worlds. University of Minnesota.

Taylor, A. (2020). Countering the conceits of the Anthropos: scaling down and researching with minor players. Discourse: Studies in the Cultural Politics of Education, 41(3), 340-358. doi: 10.1080/01596306.2019.1583822

Tuck, E. (2009). Suspending damage: A letter to communities. Harvard Educational Review, 75(3), 409–27.

Tuck, E. (2018). Biting the university that feeds us. In M. Spooner & J. McNinch (Eds.), Dissident knowledge in higher education (p. 149-167). University of Regina. 

Tuck, E., & McKenzie, M. (2015). Relational validity and the ‘where’ of inquiry: place and land in qualitative research. Qualitative Inquiry. doi:10.1177/1077800414563809

Tuck, E., & Ree, C. (2013). A glossary of haunting. In S. Holman Jones, T. E. Adams, & C. Ellis (Eds.), Handbook of autoethnography (pp. 639–658). Left Coast Press.

Tuck, E., & Yang, K. W. (Eds.). (2014). Youth resistance research and theories of change. Routledge.